Thomas Gransow
Sibylle Witting
 

Paris und Versailles
 

Au Bon Marché


 
 
Text 1
Warenhaus

Nach Klaus Strohmeyer, dem wir eine geistreiche Untersuchung zu diesem Gegenstand verdanken, sind „Markthalle und Passage [...] die unmittelbaren Vorläufer des Warenhauses“, das sich, obwohl es Kaufhäuser seit dem Mittelalter in verschiedener Ausprägung gegeben hatte, in Europa als neuer Bautyp herausbildet. Wiederum spielt Paris eine typenbildende Schrittmacherrolle, jedoch hat sich aus der Frühzeit der Warenhausarchitektur nicht allzu viel erhalten. Während die amerikanischen Warenhäuser von Anfang an kapitalistische Großbetriebe waren, die sich aus dem Bautypus des vielgeschossigen Lagerhauses entwickelten, waren die frühen europäischen fast alle aus Spezialgeschäften des Tuchhandels hervorgegangen. So auch das älteste Kaufhaus „Au Bon Marché“, dessen Eisen-Glas-Konstruktion 1869 von Eiffel entworfen worden ist und 1876 fertig wurde. Es ist zwar vielfach umgebaut worden, aber gerade weil es in den letzten Jahrzehnten wirtschaftlich nicht besonders erfolgreich war, hat sich doch vieles besser erhalten als bei den bald folgenden Konkurrenzbetrieben. Vor allem die großen Lichthöfe, von denen einige wahre Prunktreppen haben, sind noch heute eindrucksvoll.

Dem industriellen Gewand entspricht die Funktion. Nach Strohmeyer ist „das Warenhaus integraler Bestandteil des Industriezeitalters; es wird zur Brücke zwischen den auseinandergetretenen Sphären Produktion und Konsum“, und aus diesem Grunde liegt es denn auch an den großen Verkehrsadern der Stadt. Indem es der Demokratisierung des Konsums, die infolge der ungeheuer expandierenden Textilindustrie auch tatsächlich stattgefunden hat, und den immer schneller wechselnden Moden Ausdruck verleiht, wurde es zum beliebten Ziel gerade der unteren Schichten, und in dem Roman „Au Bonheur des Dames“ hat wiederum Zola die Anziehungskraft und auch Gefährdung geschildert, die es damals auszuüben vermochte. Oberstes Rentabilitätsprinzip war ein möglichst großer Umsatz durch eine möglichst kleine Gewinnspanne. Dabei änderte sich das Verhältnis zwischen Verkäufer und Kunde grundlegend. Die Preise wurden erstmals fest ausgezeichnet, das Kundengespräch entfiel. Der Gebrauchswert wird vom Tauschwert überlagert, und warenästhetische Präsentation drängt sich in den Vordergrund.

Den „Magasins au Bon Marché“ sollten bald weitere folgen. Der „Bazar de l'Hôtel de Ville“, die „Belle Jardinière“ und auch die „Samaritaine“ sind etwas heruntergekommen, wogegen „Le Printemps“ und die „Galeries Lafayette“ wegen ihrer Lage bei den großen Boulevards heute zu den vornehmeren zählen. In beiden haben sich die großen Lichtkuppeln erhalten, deren Wirkung im „Printemps“ jedoch dadurch eingeschränkt ist, dass der alte Lichthof durch Einfügung von Geschossflächen verschwunden ist. Dafür sind hier aber die Außenfassaden mit den begrenzenden Ecktürmen erhalten. Es ist erfreulich, dass die Pariser Kaufhauskonzerne angefangen haben, ein Gefühl für ihre Tradition zu entwickeln, statt auf die ansonsten gängigen „pflegeleichten“ Einheitsfassaden zu setzen.

(Dieter Kimpel: Paris. Führer durch die Stadtbaugeschichte. München: Hirmer 1982. S. 351 - 353.)
 
 

Text 2
Au Bonheur des Dames

   - Fichtre! dit Jean. Ça enfonce Valognes... Le tien n’était pas si beau.

   ... Denise hocha la tête. Elle avait passé deux ans là-bas, chez Cornaille, le premier marchand de nouveautés de la ville; et ce magasin rencontré brusquement, cette maison énorme pour elle, lui gonflait le cœur, la retenait, émue, intéressée, oublieuse du reste. Dans le pan coupé donnant sur la place Gaillon, la haute porte, toute en glace, montait jusqu’à l'entresol, au milieu d'une complication d'ornements, chargés de dorures. Deux figures allégoriques, deux femmes riantes, la gorge nue et renversée, déroulaient l’enseigne : Au Bonheur des Dames. Puis, les vitrines s’enfonçaient, longeaient la rue de la Michodière et la rue Neuve-Saint-Augustin, où elles occupaient, outre la maison d’angle, quatre autre maisons, deux à gauche, deux à droite, achetées et aménagées récemment. C’était un développement qui lui semblait sans fin, dans la fuite de la perspective, avec les étalages du rez-de-chaussée et les glaces sans tain de l’entresol, derrière lesquelles en voyait toute la vie intérieure des comptoirs. En haut, une demoiselle, habillée de soie, taillait un crayon, pendant que, près d'elle, deux autres dépliaient des manteaux de velours.

   ... - Au Bonheur des Dames, lut Jean avec son rire tendre de bel adolescent, qui avait eu déjà une histoire de femme à Valognes. Hein? c'est gentil, c'est ça qui doit faire courir le monde!

   ... Mais Denise demeurait absorbée, devant l’étalage de la porte centrale. Il y avait là, en plein air de la rue, sur le trottoir même, un éboulement de marchandises à bon marché, la tentation de la porte, les occasions qui arrêtaient les clientes au passager. Cela partait de haut, des pièces de lainage et de draperie, mérinos, cheviottes, molletons tombaient de l'entresol, flottantes comme des drapeaux, et dont les tons neutres, gris ardoise, bleu marine, vert olive, étaient coupés par les pancartes blanches des  étiquettes. À côté, encadrant le seuil, pendaient également des lanières de fourrure, des bandes étroites pour garnitures de robes, la cendre fine des des de petit-gris, la neige pure des ventres de cygne, les poils de lapin, de la fausse hermine et de la fausse martre. Puis, en bas, dans des casiers, sur des tables, au milieu d'un empilement de coupons, débordaient des articles de bonneterie vendus pour rien, gants et fichus de laine tricotés, capelines, gilets, tout un étalage d'hiver aux couleurs bariolées, chinées, rayées, avec des taches saignantes de rouge. Denise vit une tartanelle à quarante-cinq centimes, des bandes de vison d’Amérique à un franc, et des mitaines à cinq sous. C’était un déballage géant de foire, le magasin semblait crever et jeter son tropplein à la rue.

   ... L’oncle Baudu était oublié. Pépé lui-même, qui ne lâchait pas la main de sa soeur, ouvrait des yeux énormes. Une voiture les força tous trois à quitter le milieu de la place; et, machinalement, ils prirent la rue Neuve-Saint-Augustin, ils suivirent les vitri-nes, s’arrêtant de nouveau devant chaque étalage.

   D'abord, ils furent séduits par un arrangement compliqué: en haut, des parapluies, posés obliquement, semblaient mettre un toit de cabane rustique; dessous, des bas de soie, pendus à des tringles, montraient des profils arrondis de mollets, les uns seines de bouquets de roses, les autres de toutes nuances, les noirs à jour, les rouges à coins brodés, les chairs dont le grain satiné avait la douceur d'une peau de blonde; enfin, sur le drap de l’étagère, des gants étaient jetés symétriquement, avec leurs doigts allongés, leur paume étroite de vierge byzantine, cette grâce raidie et comme adolescente des chiffons de femme qui n'ont pas été portés. Mais la dernière vitrine surtout les retint. Une exposition de soies, de satins et de velours, y épanouissait, dans une gamine sou-ple et vibrante, les tons les plus délicats des fleurs, au sommet, les velours, d'un noir profond, d'un blanc de lait caillé; plus bas, les satins, les roses, les bleus, aux cassures vives, se décolorant en pâleurs d'une tendresse infinie; plus bas encore, les soies, toute l’écharpe de l'arc-en-ciel, des pièces retroussées en coques, plissées comme autour d'une taille qui se cambre, devenues vivantes sous les doigts savants des commis; et, entre chaque motif, entre chaque phrase colorée de l’étalage, courait un accompagnement discret, un léger cordon bouillonné de foulard crème. C’était là, aux deux bouts, que se trouvaient, en piles colossales, les deux soies dont la maison avait la propriété exclusive, le Paris-Bonheur et le Cuir-d’Or, des articles exceptionnels, qui allaient révo-lutionner le commerce des nouveautés.

   ... - Oh! cette faille à cinq francs soixante! murmura Denise, étonnée devant le Paris-Bonheur.

   Jean commençait à s'ennuyer. Il arrêta un passant.

   - La rue de la Michodière, monsieur?

   Quand on la lui eut indiquée, la première à droite, tous trois revinrent sur leurs pas, en tournant autour du magasin. Mais, comme elle entrait dans la rue, Denise fut repris par une vitrine, où étaient exposées des confections pour dames. Chez Cornaille, à Valognes, elle était spécialement chargée des confections. Et jamais elle n'avait vu cela, une admiration la clouait sur le trottoir. Au fond, une grande écharpe en dentelle de Bruges, d'un prix considérable, élargissait un voile d'autel, deux ailes déployées, d'une blancheur rousse; des volants de point d’Alençon se trouvaient jetés en guirlandes; puis, c’était, à pleines mains, un ruissellement de toutes les dentelles, les malines, les valenciennes, les applications de Bruxelles, les points de Venise, comme une tombée de neige. A droite et à gauche, des pièces de drap dressaient des colonnes sombres, qui reculaient encore ce lointain de tabernacle. Et les confections étaient là, dans cette chapelle élevée au culte des grâces de la femme: occupant le centre, un article hors ligne, un manteau de velours, avec des garnitures de renard argenté; d'un côté, une rotonde de soie, doublée de petit-gris; de l'autre, un paletot de drap, bordé de plumes de coq; enfin, des sorties de bal, en cachemire blanc, en matelassé blanc, garnies de cygne en de chenille. Il y en avait pour tous les caprices, depuis les sorties de bal à vingt-neuf francs, jusqu'au manteau de velours affiché dix-huit cents francs. La gorge ronde des mannequins gonflait l’étoffe, les hanches fortes exagéraient la finesse de la taille, la tête absente était remplacée par une grande étiquette, piquée avec une épingle dans le molleton rouge du col; tandis que les glaces, aux deux côtés de la vitrine, par un jeu calculé, les reflétaient et les multipliaient sans fin, peuplaient la rue de ces belles femmes à vendre, et qui portaient des prix en gros chiffres, à la place de têtes.

(Emile Zola: Les Rougon-Macquart. Bd. 3: Au Bonheur des Dames. Paris 1960 - 1965. S. 6f.)
 

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